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Des personnes vivant avec le VIH expriment leur inquiétude en ce qui a trait à la gestion faite par la Fondation Sogebank, récipiendaire principal du Fonds Mondial, les autres organismes nationaux et internationaux impliqués dans la lutte contre le Sida, des stocks d’anti-rétroviraux (ARV) mis à la disposition d’Haïti
Lors d’une séance de travail avec certains bailleurs, le jeudi 7 mars 2007, à l’initiative de l’Association de Solidarité Nationale avec les personnes infectées et affectées (ASON), d’importantes révélations ont été faites.
Des membres de cette association déclarent éprouver de plus en plus de difficultés pour obtenir leur quota de médicaments .
« Assez souvent on est obligé de faire des va-et-vient aux centres Gheskio pour trouver les ARV et quand on les trouve ils sont différents des médicaments habituels », ont-ils indiqué soulignant que d’autres centres de santé qui assurent la prise en charge médicale des malades du Sida accusent également une certaine carence en ARV.
Ils craignent que les changements opérés dans le protocole des traitements n’entrainent pas des cas de résistance qui seraient difficilement contrôlés.
Toutefois, selon les informations fournies par un responsable des centres Gheskio, ce changement ne devraient en rien altérer le protocole des traitements des patients. « On est seulement passé du nom commercial du produit à son nom générique » a confié ce responsable.
Un représentant d’une agence qui participait à la séance de travail sur l’accessibilité aux ARV et la disponibilité de la ration alimentaire dans les locaux de ASON, a révélé que les bailleurs sont soumis à différents mécanismes d’achat d’anti-rétro-viraux sur le marché international ce qui expliquerait, en partie, les multiples changements constatés dans le cadre du programme d’ARV en Haïti.
De son côté, un cadre du Ministère de la Santé Publique et de la Population a expliqué, compte tenu de l’expertise des centres Gheskio et de la rigueur généralement appliquée dans l’exécution de ses programmes, le fait de proposer un équivalent ou de changer le nom ou encore la marque du produit ne peut en aucun cas compromettre le traitement en cours. Mais, pour éviter un éventuel cas de résistance, les personnes bénéficiant du programme d’ARV financé par les bailleurs de fonds internationaux sont soumises régulièrement à des tests cliniques et de laboratoire en vue d’évaluer leur état de santé et détecter à temps la moindre anomalie qui pourrait réduire les chances de succès du traitement, a poursuivi le cadre du MSPP.
La grande préoccupation des membres de ASON demeure, sachant que le pire pourrait se produire un jour où l’on assisterait à une cessation de l’aide internationale à Haïti dans le cadre de la lutte contre le Sida. « Même en partie, ce serait une catastrophe quand on sait que plus de 80% des PVVIH haïtiens sont totalement démunis », a déclaré le Directeur général de ASON. Saurel Beaujour persiste et signe, l’Etat Haïtien doit mettre à la disposition des acteurs impliqués dans la lutte contre le Sida une enveloppe pour supporter notamment le programme d’ARV. Jusqu’ici, les démarches entreprises auprès des parlementaires haïtiens, en ce sens, se sont révélées vaines.
Outre le problème constaté dans le programme d’ARV, la direction de ASON fait face à une situation extrêmement difficile. L’Association de Solidarité Nationale ne reçoit plus de vivres alimentaires de PAM qui a suspendu cette aide provisoirement. Le Programme Alimentaire Mondial semble avoir pris cette décision suite à des irrégularités constatés dans la gestion de cette aide par ASON. Ce que rejette Saurel Beaujour qui avance comme seule irrégularité l’absence d’infrastructure adéquate pour conserver la nourriture. Il a annoncé la construction prochaine d’un entrepôt en vue de résoudre définitivement ce problème. Toutefois, le Directeur général de l’Association de Solidarité Nationale refuse catégoriquement de confier à PAM les dossiers personnels des bénéficiaires conformément aux règlements internes de l’institution.
Entre temps, les PVVIH membres de ASON qui sont pour la grande majorité des démunis ne savent plus à quel saint se vouer car ils ne peuvent pas continuer à avaler quotidiennement des comprimés avec le ventre creux.
Intervenant à la rencontre sur l’accessibilité aux ARV et la disponibilité de la ration alimentaire, Jeanne, un membre de ASON a fustigé le comportement de PAM et de ASON qui s’éternisent dans des questions administratives alors que les PVVIH crèvent de faim.
« Je ne comprends pas les exigences de PAM qui veut donner la nourriture aux PVVIH ayant un poids inférieur à la normale. Nous avons tous besoin de cette nourriture pour continuer à vivre. Sans cette nourriture notre traitement sera un échec… », a-t-elle expliqué.
Aux PVVIH qui n’ont pas encore intégré le programme ARV de s’inquiéter au regard des nombreuses difficultés évoquées lors de la séance de travail avec les bailleurs à la salle de conférence de ASON.
Selon les chiffres fournis par le Ministère de la Santé Publique et de la Population, environ 8000 personnes reçoivent actuellement des ARV et les prévisions pour 2010 sont de 40,000.
Les trois plus grands projets en Haiti dans la réponse au VIH/SIDA sont financés respectivement par le Plan d’urgence du Président des Etats-Unis (PEPFAR) à hauteur de 40 millions de dollars l’an, l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI), 4 millions sur la même période et le Fonds Mondial disposant pour sa part d’une enveloppe de 94 millions pour la période allant de janvier 2003 à juillet 2009 pour 25 institutions couvrant la malaria, le VIH/Sida et la tuberculose.
Les responsables de la santé, les bailleurs de fonds internationaux et les organisations qui travaillent avec des personnes infectées et affectées et qui défendent leurs droits devront trouver de meilleures stratégies pour gérer le programme d’ARV et l’aide alimentaire destinée aux PVVIH..
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