About this featured photo Link to Home Page Site Map . Contact . Help . Home  
  Regional Programmes . Productions . Resources . About Us
 
 

Productions: Dossier de presse sur Haïti

Panoscope . Media Briefings . Island Beat . Our Own Voice . Le P'tit Nouvelliste
Order Publications

Media Briefing Index

L'expression et la participation des enfants dans les médias en Haïti
juillet 2000

Par Ronald Colbert et Carril Desrosiers 1

Link to Plan Internationale Web SiteCe dossier est produit avec la collaboration et le support financier de Plan Haiti, dans le cadre du projet "Droits de l'Enfant et Médias Participatifs dans la Société Civile."

La vision de PLAN est celle d'un monde dans lequel tous les enfants s'épanouissent pleinement dans des sociétés respectueuses des droits et de la dignité des personnes. PLAN cherche à s'assurer que les enfants, les jeunes et les adultes acquièrent une éducation de base et des techniques de vie leur permettant de s'épanouir pleinement en contribuant au développement de leurs sociétés.

Les principes du programme de PLAN comprennent: l'amélioration de la qualité de la vie et la promotion des droits des enfants; le renforcement de la participation informée des enfants dans des décisions qui aient des conséquences sur leurs vies en des voies culturellement appropriées et en fonction de leurs capacités.

La société haïtienne a encore beaucoup d'efforts à accomplir pour encourager, dans les médias, l'expression des enfants appelés naturellement à remplacer les personnes majeures. Parallèlement, la participation des enfants dans les médias, par les idées qu'ils peuvent véhiculer, devrait jouer un rôle de premier plan dans un processus de développement durable en Haïti.

C'est ce qui ressort d'une recherche documentaire conduite par l'Institut Panos(*2) dans la première moitié de l'année 2000 autour de la participation des enfants dans les médias.

Quoiqu'un grand nombre de médias consacrent un espace particulier aux enfants dans leur programmation, la plupart des contenus insérés paraissent yenyen (*3), c'est-à-dire dépourvus d'éléments fondamentaux qui suscitent l'apport de l'enfant comme être humain à part entière, doué d'intelligence et de personnalité propre, dans une quête de changements sociaux véritables. Même l'intégration de l'expression des enfants autour des réalités n'est pas encore prise en compte dans les programmes d'information quotidienne.

"Au lieu de partir des droits de l'enfant, il faudrait plutôt considérer le rôle de l'exercice du droit à la communication, du droit aux loisirs, pour favoriser l'expression des enfants dans les médias," observe Joseph Georges, directeur de la Sosyete Animasyon Kominikasyon Sosyal (SAKS), une institution haïtienne d'appui aux médias communautaires dans cette république caraïbe.

Standards Journalistiques pour les Reportages autour du thème "Enfant"

La Fédération Internationale des Journalistes (IFJ) est en train de développer des directives pour faire des reportages sur des thèmes impliquant des Enfants via une enquête approfondie de codes de conduite et de standards déjà mis en oeuvre à travers le monde. L'ébauche des directives et principes comprend:

Maintenir les plus hauts standards professionels et éthiques et promouvoir la plus large diffusion possible d'informations sur la Convention relative aux droits de l'Enfant.
La violation des droits de l'enfant et des sujets relatifs à la sécurité, l'éducation, la santé, le bien-être social et l'exploitation des enfants sont des questions importantes d'investigation et de débat public.
Comprendre la situation vulnérable des enfants dans des activités journalistiques.
S'efforcer d'obtenir une exactitude et une sensibilité des plus elevees; éviter des stéréotypes ou des présentations sensationnellles; évaluer les conséquenses de publication ou de diffusion d'informations sur les enfants; protéger contre des identifications non nécessaires, aider les enfants à exprimer leurs opinions, obtenir une vérification indépendante de l'information fournie par les enfants sans mettre en danger la vie de l'enfant informateur; éviter l'utilisation d'images sexualisées des enfants; utiliser des méthodes justes pour photographier; vérifier la crédibilité des organisations prétendant parler pour ou représenter les interêts des enfants.

Face au mouvement international en faveur de l'épanouissement des idées de changement, en particulier du respect universel des droits de la personne, y compris ceux de la femme et de l'enfant, les pays de la région se retrouvent confrontés à un conflit quasi permanent entre le Droit d'Expression et l'Interdiction d'Expression.

Aussi, l'enfant devra-t-il lutter, non seulement pour vaincre ce paradoxe face à sa prédisposition naturelle à partager innocemment ses sentiments avec son entourage, mais aussi pour conquérir le droit à la communication, un droit inné chez l'enfant qu'il tentera de développer et d'exercer librement à partir de moyens disponibles.

En Haïti, un ensemble de programmes médiatiques consacrés au thème ENFANT depuis la fin des années 1970 semble traduire une perception traditionnelle sur ce que l'enfant peut ou ne doit pas faire. Ces programmes tendent à reproduire une culture plutôt autoritaire, selon laquelle l'Enfant n'aurait aucun droit. A ce titre, seraient admis des modes de comportements répressifs dans les relations entre une personne majeure et un enfant, cette dernière tranche d'âge étant vue comme une catégorie inférieure, réduite au rang de bêtes n'ayant aucun pouvoir de libre arbitre, sinon que de recevoir et subir des ordres transmis par les personnes majeures.

"A l'intérieur de ces programmes, on ne retrouve pas des enfants à exprimer leurs aspirations futures sur ce qui se passe dans le pays. Ces programmes, qui voient les enfants presque comme des êtres inférieurs, des êtres n'ayant le pouvoir ni de discerner ni de s'exprimer, paraissent plutôt non respectueux des enfants : les enfants récitent un poème, chantent une chanson. C'est un enfant à qui on donne l'opportunité presque de ‘rancer,' de plaisanter, de batifoler," rappelle Monique Clesca, directrice de la firme haïtienne de communication MC CONSEILS.

Ayant oeuvré pendant plusieurs années à la section Communication de la branche haïtienne du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), Monique Clesca préconise une autre approche plus participative, qui respecte le droit à la parole, le droit d'expression, le droit aux commentaires chez les enfants.

Point de vue des enfants

De nombreux enfants interrogés dans le cadre de cette recherche évoquent la nécessité pour les médias d'intégrer dans leur programmation des espaces documentaires relatifs aux animaux, à l'histoire et à la géographie générale, en plus des poèmes, petites histoires, contes, blagues, dessins animés, jeux éducatifs, des émissions culturelles (musicales, théâtrales). Ils souhaitent aussi la diffusion de davantage de films autour du thème ENFANT, non pas de films montrant des images dures et de violence (tuerie, massacre, drogue, délinquance) qui inciteraient les enfants à reproduire ce qu'ils ont vu sur leurs camarades.

Globalement, ils se prononcent pour la diffusion d'émissions susceptibles d'encourager les enfants à préparer l'avenir, de stimuler leur appréhension des réalités de leur pays, sans aucune discrimination de genre ni de catégorie sociale. Dans ce sens, ils invitent les parents à se montrer plus tolérants en leur permettant de pouvoir suivre les émissions spécifiques qui font plaisir aux enfants.

Stéphane, 12 ans, vivant dans la banlieue de Carrefour Feuilles au sud-est de la capitale haïtienne, suggère que l'État aménage un large espace vert et récréatif où les enfants pourraient se rassembler librement sans la présence de leurs parents. Les jeux qu'ils auront expérimentés dans ce cadre pourraient alors être diffusés dans les médias, notamment les télévisions.

Junior, 12 ans, demeurant à Côte-Plage (Carrefour) au sud de Port-au-Prince, rêve de participer un jour à une émission dédiée aux enfants. Déclarant ne rien saisir des différentes émissions écoutées sur les stations de la capitale, Junior exhorte les enfants à prendre part aux émissions pour enfants de manière à chasser en eux-mêmes la timidité pour mieux s'affirmer.

Dans ce contexte, Fedja, 9 ans, explique comment sa participation à l'émission Gaieté Enfantine de Radio Lumière lui a appris à chanter en choeur et à vivre en harmonie avec les autres enfants.

De son côté, Yvenante, 12 ans, confie que sa participation à l'émission Kach Kach Liben de la station communautaire Radyo Vwa Klodi Mizo des Cayes (Sud d'Haiti) lui a permis de réaliser son rêve: s'exprimer sur les ondes et prendre part à des jeux radiophoniques. Yvenante n'a pas caché sa prédilection pour la diffusion de "beaux vidéo clips et de beaux films" (dont elle n'a pas précisé la nature ni le genre), joués par de grands acteurs.

Jean Nathel, 11 ans, estime quant à lui important de permettre à un plus grand nombre d'enfants de participer aux spots et films publicitaires en vue de stimuler leur créativité et de les rendre plus sociables.

Point de vue contraire de Jocelyn (alias Ti Dye), 11 ans, originaire de Cité Soleil (grande agglomération de plus de 300 mille habitants à la sortie nord de la capitale) qui assimile à de l'exploitation sauvage le fait pour les entrepreneurs d'utiliser les enfants pour faire de la publicité qui ne vise qu' à assurer la promotion des produits. Il en veut pour preuve quelques cas parmi ses amis qui, après avoir prêté leurs voix pour des messages publicitaires, n'ont rien reçu de substantiel.

Michenard et Paul Evans, respectivement âgés de 14 ans et de 15 ans, pensent que les médias haïtiens n'accordent pas trop d'importance aux enfants. Selon eux, la radio et la télévision, qui constituent à 50% une source de divertissement pour eux en Haiti, prioriseraient trop les nouvelles et les évenements politiques.

Coucou, 9 ans, nuance cette position en indiquant que les enfants doivent se montrer attentifs à tous types de nouvelles pour s'informer de ce qui se passe et des problèmes qui agitent la société, mais aussi pour pouvoir répondre à certaines questions posées, le cas échéant, aux examens officiels et / ou participer à certains échanges entre camarades de leur âge.

Maité, 8 ans, soutient être attirée par les émissions récréatives, comme les dessins animés, diffusées à la télévision. Mais, elle invite les médias à penser également aux zones défavorisées, comme Cité Soleil dans le choix des thèmes abordés.

Même constatation faite par Tania, 14 ans, aux yeux de qui des informations diverses peuvent être puisées par les enfants téléspectateurs de ce genre d'émissions éducatives, lesquelles prodiguent des conseils salutaires et des consignes en rapport, entre autres, avec la protection de l'environnement, la sauvegarde du patrimoine national. Les émissions qui sont faites en français excluent catégoriquement les analphabètes du pays, selon Tania qui relève une absence voire un refus de soulever certains points sur les ondes, comme le préjugé de couleurs et les discriminations sociales qui sont très forts en Haïti.

Dans ce contexte, Fabiola, 14 ans, estime nécessaire pour les médias de mettre l'accent sur les multiples harcèlements sexuels dont sont victimes les filles haïtiennes et aussi d'assurer des cours de langue et d'alphabétisation. Tout en admettant que la diffusion des films et des dessins animés en anglais pourrait contribuer à favoriser l'apprentissage de cette langue étrangère, Fabiola souligne que le mieux serait de les diffuser en créole et en français.

Question de pédagogie

Cela pourrait paraître contradictoire de donner la parole aux enfants dans les médias dans un système pédagogique, comme celui de rigueur en Haïti et dans beaucoup d'autres pays de la Caraïbe, qui ne valorise pas l'enfant, qui ne lui donne pas le droit à la parole ni ne stimule sa participation.

Les difficultés pour faire passer le message, à l'intérieur d'un programme élaboré par les enfants, dénotent une confrontation avec les personnes majeures, alors que l'expression des enfants devrait tendre aujourd'hui, dans les médias, à l'éducation des personnes majeures, sur la base d'un partage entre parents et enfants, fait remarquer Joseph Georges.

La réalité est telle, en Haïti et dans d'autres pays de la Caraïbe, que la majorité des personnes majeures se voient aussi, comme les enfants, exclues de certaines activités de la société et de la participation dans les médias.

"Un manque d'indépendance et d'autonomie des enfants de familles pauvres peut simplement être une réponse sociale appropriée à leurs parents qui ont tres peu de marge de manoeuvre dans leur vie. Aussi les parents pauvres peuvent-ils avoir le pressentiment qu'ils n'ont pas de temps ou de la patience pour assister les enfants dans leurs activités spontanées. De plus, les enfants pauvres, dans leur vie de chaque jour, apprennent à reproduire le comportement de leurs parents en se confinant dans leur silence." (UNICEF, Innocenti Essays, No 4).

La situation de non droit pour une grande partie de la population, affecte particulièrement les enfants pour plusieurs raisons.

En premier lieu, signale Georges, en plus de ne pas pouvoir aller à l'école, l'enfant éprouve toutes les peines du monde à pouvoir survivre dans son environnement haïtien.

Quand il parvient à survivre, fréquenter l'école devient seulement une chance et non un droit. Celui ou celle qui réussit à aller à l'école ne sait ni comment trouver les ouvrages / manuels d'apprentissage, ni comment sera son avenir. Tandis que l'expression des enfants est reconnue comme un droit dans le kindergarten, il y a une rupture complète à partir du primaire où l'enfant est, dans un certain sens, réprimé et frustré.

" Nous sommes dans un pays où la misère est telle que beaucoup de mamans sont contraintes à céder leurs enfants, sur la promesse que ces enfants seront éduqués par les personnes qui les ont pris en charge, mais qui leur feront plutôt subir des misères," ajoute Georges.

Eprouvés par la domesticité, de tels enfants ne parleront jamais de gaieté dans les médias, mais échangeront beaucoup de souffrances : coups de fouets, bastonnades, peines, incompréhension, punitions diverses, déficiences de mémoire, comme exprimé par le visage de nombreux enfants.Tous les enfants, démunis ou favorisés, savent être tristes, des sensations qu'ils éprouveront toujours.

Pour toutes ces raisons et aussi pour des motifs pédagogiques, le message d'un enfant, transmis à d'autres enfants par l'intermédiaire des médias, dont principalement la radio, passerait mieux. En ce sens, la mesure ou les limites du mode d'intervention de l'enfant relève spécifiquement des responsables de médias.

" Le fait que les parents assimilent à de l'impertinence des vérités que leur jettent des enfants à la face, qu'ils peuvent écouter des enfants leur dire à la radio tel comportement est répréhensible vis-à-vis de leurs droits d'enfants comme êtres humains à part entière, produira d'autres effets," estime le directeur de SAKS, aux yeux de qui une telle approche permettra à l'enfant d'amorcer un processus de dialogue avec les parents.

Une ambiance pédagogique, qui insiste sur l'autonomie de l'enfant, le reconnaît comme un être humain à part entière, suscite, depuis tout petit, un apprentissage chez l'Enfant à s'exprimer, à travailler en groupe avec d'autres enfants, à se prononcer.

Par où et comment commencer ?

" Depuis les années 1970, la majorité des médias en Haïti ont initié des programmes pour enfants. Ce n'était pas une innovation. Le problème se posait surtout et se pose encore au niveau de la manière, du mode de traitement, de la vision qui transparaissent dans ces programmes, du mode de participation des enfants de manière structurelle," précise Monique Clesca.

Pourquoi les médias, qui ont été précurseurs de changements au sein de la société, en Haïti comme dans d'autres pays ayant souffert de la dictature, ne pourraient-ils pas jouer aussi ce rôle à nouveau, comme ils l'avaient déjà fait à travers toute la campagne "TIMOUN SE MOUN" (pendant laquelle ils avaient diffusé des spots avec la voix des enfants) ? Pourquoi les médias, comme véhicules de changements démocratiques, ne pourraient-ils pas continuer à accompagner, malgré les contradictions dans le système d'éducation ?

La directrice de MC Conseils pense que les enfants (0 - 17 ans), qui représentent 47 % de la population en Haïti (*4), devraient avoir droit de cité dans les lignes ouvertes, les programmes d'information, ils devraient pouvoir réaliser aussi des reportages. Que les enfants puissent poser des questions aux candidats / candidates aux postes électifs ! Que le thème ainsi que le sujet ne soient pas marginalisés !

De son côté, Me. Béthie Casty, adjointe à l'Information à la branche haitienne du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), considère comme valables deux niveaux de participation des enfants dans les médias: participation dans la conceptualisation comme maîtres d'œuvre; participation dans les programmes qui leur sont destinés, dans le sens d'une promotion de la convention relative aux droits de l'enfant.

" Parler des enfants dans les médias équivaut à promouvoir le droit d'expression chez l'enfant. Mais, il peut y avoir une émission organisée par des enfants et encadrée par des adultes. A cause de son immaturité, l'enfant a besoin d'être protégé et accompagné, mais convient-il de lui donner la chance de s'épanouir, lui donner le loisir d'agir, l'orienter tout en le corrigeant au besoin, pas pour lui imposer des modes de comportements, comme pratiqué chez nous."

Stéphanie Conrad, de Plan Haiti, convie les médias, disposant de programmes ciblés sur les enfants et conçus par des personnes majeures, à réviser leurs pratiques en permettant aux enfants de prendre part aux différentes prises de décision.

" Généralement, les enfants ont d'énormes aptitudes pour être intégrés dans les médias. Il est préférable qu'on leur laisse la liberté de se révéler comme titulaires de leurs propres programmes pour des enfants."

Mais alors se pose la question d'une rémunération correcte pour les enfants qui animent, une revendication légitime aux yeux de Monique Clesca qui pense que la question de gestion des sommes collectées relève de l'enfant et de la responsabilité de son parent.

Roody Thélémaque, un travailleur social évoluant en Haïti, rappelle que la participation des enfants, sans rémunération, aux messages publicitaires est contraire aux voeux de la convention relative aux droits de l'enfant.

Un enfant des rues de Pétion-Ville, à l'est de la capitale haitienne, aurait intenté dans le temps une action en justice contre une institution locale et une institution internationale qui avaient publié sa photo sur un dépliant sans avoir obtenu son consentement ni l'avoir rémunéré.

Cependant, dans quelle mesure la parole peut être donnée d'une autre manière aux enfants?

Tranche d'âge à considérer

Normalement, il faudrait considérer tous les êtres mineurs, ceux et celles ayant moins de 18 ans, comme le stipule la Convention sur les droits de l'Enfant. Néanmoins, tout en admettant un statut civil pour les enfants âgés de 0 à 18 ans, la législation haïtienne indique qu'à partir de 16 ans, les enfants peuvent être reconnus pénalement responsables. Une approche que les défenseurs de la promotion des droits de l'enfant ont contestée, souligne l'avocate Béthie Casty.

Cependant, tout dépend des objectifs poursuivis et du public cible, avance Me Casty. A chaque tranche d'âge, correspond un type de discours.

Une émission sur la tranche d'âge 0 – 4 ans s'adresse en réalité aux mamans dans le but de promouvoir l'allaitement maternel et les types de soins à prodiguer pour la prévention des infections chez l'enfant. A partir de 6 ans, l'enfant commence davantage à s'exprimer, à mieux comprendre, à poser des questions, ajoute-t-elle.

Joseph Georges de SAKS estime qu'à partir de 5-6 ans, l'intelligence des enfants est assez développée pour entrer en communication, non seulement avec leur tranche d'âge mais aussi avec leurs parents.

"Rendons-nous compte des potentialités des enfants dans les classes maternelles / kindergartens, notamment à l'occasion des cérémonies de graduation où ils et elles jouent des rôles. Les enfants introduisent les fêtes, récitent des poèmes, chantent, font du théâtre, jouent du piano, de la trompette, sonnent les caisses. Parce que c'est précisément un âge pendant lequel ils jouent, mais pendant lequel aussi ils contribuent à faire passer des messages," relève-t-il.

Pour Monique Clesca, la tranche intéressante pour établir un dialogue d'enfants dans les médias serait de 9 à 13 ans. L'enfant acquiert beaucoup au cours de cette période qui coincide avec le début d'une transformation vers l'adolescence, il / elle commence à reconnaître sa personnalité, à exprimer une vision par rapport à la société.

Matthew Frey de Save The Children U.S.A. met en garde contre le ciblage d'une tranche d'âge déterminée. Quel que soit son âge, tout enfant doit être intégré dans le processus de développement durable, en fonction des besoins et des priorités des enfants. Seuls les bébés, dit-il, ne sont pas en mesure de participer aux programmes pour enfants dans les médias, parce qu'ils n'atteignent pas un stade linguistique et cognitif avancé.

Réalisant que les plus jeunes enfants peuvent aussi contribuer au développement et a la réalisation des programmes de radio et de télévision, Stéphanie Conrad de Plan Haiti juge plus facile de travailler avec des enfants âgés de 11 - 18 ans, qui disposent déjà d'un bagage linguistique adéquat, quand il s'agit de faire des reportages.

Langue et contenu

Les experts nationaux et internationaux sont unanimes à admettre l'impérieuse obligation pour les éducateurs de tous les pays de se servir primordialement de la langue maternelle pour assurer l'apprentissage des éduqués.(*5)

En ce sens, différents animateurs de radios communautaires ainsi que des responsables d'Organisations Non Gouvernementales interrogés dans le cadre de ce dossier prônent une vision alternative qui adresse les programmes en créole. Langue de la majorité dans les pays bilingues de la région comme Haïti et Sainte Lucie, le créole devrait être valorisé par les médias qui n'ont pas encore réalisé que l'infime minorité capable de s'exprimer dans les langues étrangères ne se trouve que dans les centres de concentration des pouvoirs.

Selon eux, les émissions destinées aux enfants, faites dans une langue étrangère que ne maîtrise pas la majorité de la population déterminée, excluent catégoriquement la majorité des enfants, constituent un handicap majeur à l'épanouissement des enfants, notamment les enfants défavorisés.

En revanche, le contenu du discours à intégrer dans un programme pour enfants devrait reposer sur la documentation, les études, les textes internationaux, comme la déclaration universelle des Droits de l'Enfant, la Convention relative aux Droits de l'Enfant, les règles de Beijing pour les procédures de justice des mineurs, recommande Me. Béthie Casty.

Les images véhiculées par les médias

Le support médiatique est l'un des moyens indispensables pour permettre aux enfants de profiter du progrès scientifique, des multiples inventions technologiques (comme l'Internet) qui bannissent les frontières et la distance entre les pays. Cependant, les images véhiculées par les médias sont souvent trop entachées de violence et trop érotiques. Fort souvent oubliés au profit des événements politiques, les enfants assistent à une dégradation systématique des moeurs et des valeurs, fait remarquer Richard Widmaier de la station privée haïtienne Radio Métropole.

Au lieu de diffuser des reportages relatant le savoir-faire et les aptitudes des enfants, de favoriser le développement de leurs talents et potentialités, les porter à réfléchir, à être autonomes et critiques vis-à-vis de la société, les médias projettent en général des images imposant certains types de comportements aux enfants et les invitant à se soumettre ou à répéter des notions qu'ils ne comprennent pas souvent, déplorent Stéphanie Conrad de Plan Haiti et Jean Claude Thouin de Aide à l'Enfance Canada.

" L'utilisation des enfants comme argument de vente commerciale est une forme d'exploitation contraire aux principes définis dans la Convention relative aux Droits de l'Enfant. Faire la promotion d'un produit à travers un enfant peut créer un sentiment de frustration chez les autres enfants, qui peuvent avoir envie de s'en procurer même si ce produit s'avère fondamentalement nuisible à leur santé et à leur developpement individuel. Par exemple, les jeux électroniques violents sont sollicités par les enfants ayant vu ou entendu une réclame faite par des enfants."

Joseph Georges rend cette passivité de la société responsable de l'augmentation du nombre de délinquants et d'une réalité d'anti-valeurs. Sur les chaines de télévision en Haïti, il n'y a plus de films ni de programmes pour les enfants de la tranche 4 - 9 ans, excepté peut-être pour la tranche 11 - 18 ans. Même les dessins animés ou bandes dessinées (appelés Ti Komik) charrient de la sauvagerie.

Dépourvus de fond éducatif pour les enfants, beaucoup de films diffusés dans les médias véhiculent la même approche d'acteurs des grands longs métrages, au lieu de contribuer à développer la sensibilité des enfants vis-à-vis, par exemple, des merveilles de la nature, de la lutte en faveur de la protection de l'environnement et des autres milieux ambiants naturels. Sous prétexte de civilisation, d'autres spots utilisant les enfants détournent les mères (principalement les mamans pauvres) de la richesse de l'allaitement maternel au profit du lait en poudre et des biberons.

Les médias en Haïti, dont quelques-uns fonctionnent comme des boutiques, devraient vouer une part plus importante de leur programmation au volet éducatif, à l'instar de nombreux pays de l'Amérique Latine où un large pourcentage de programmes éducatifs a davantage contribué à freiner des retards de développement qu'en Haiti ou les îles anglophones de la Caraïbe.

Apport des journalistes et des spécialistes

Les journalistes spécialisés font défaut en Haïti. Vouloir appréhender mieux le thème ENFANT, c'est se pencher sur des sujets très sérieux, très sensibles et très spécifiques, qui demandent un intérêt, de la documentation / de la recherche, des connaissances à prendre. Il y a une portée psychologique et une portée légale très importantes.

" Une fois documenté et argumenté, imbu du sujet, il revient au journaliste de définir son plan d'émission. Il y a beaucoup de subtilités, telles traiter les cas de mineurs en conflit avec la loi, comprendre pourquoi un enfant criminel ne peut pas être condamné de la même façon qu'une personne majeure criminelle. Même les avocats ne maîtrisent pas la justice des mineurs qui, quoique inscrite dans la législation depuis 1961, n'a commencé à être appliquée qu'après l994, date coincidant avec la ratification par Haïti de la convention sur les droits de l'Enfant," argumente Béthie Casty.

Il faut un prérequis et une formation spécifique chez les journalistes qui se destinent à travailler sur le thème ENFANT. Il faut faire attention pour ne pas manipuler les enfants qui affichent souvent des comportements affectifs difficiles à cerner, préconise Plan Haiti.

Sans écarter le support indispensable des parents, Stéphanie Conrad plaide pour un accompagnement de spécialistes qui devraient être engagés par les médias pour travailler avec les enfants. En ce sens, la radio – qui touche un public large et diversifié - et la télévision conviendraient mieux pour faire passer les messages relatifs aux droits de l'enfant.

A souligner que le centre haïtien d'appui aux médias et aux journalistes Info-Services a tenu, de 1995 à 1997 de concert avec l'UNICEF- HAITI, diverses sessions de formation autour du thème ENFANT (des mères et de la famille en général) au profit des journalistes des médias (presse écrite, presse parlée, presse télévisée) répartis à travers le pays.

Situation des programmes

Toute l'Amérique latine et la Caraïbe disposent de programmes pour enfants, animés par des enfants, qui apprennent à réaliser des interviews. L'enfant pratique la communication tous les jours, il a besoin seulement d'approprier les outils.

Il convient de souligner que depuis l'implantation, au debut des annees 1990, des médias communautaires en Haiti, beaucoup plus d'enfants provenant des couches sociales défavorisées ont accès à la radio. Traditionellement, seulement des enfants privilégiés savaient participer à quelques programmes diffusés par des stations de radio et de télévision privées de la capitale. Les stations de radio et de télé publiques du pays ont légerement inclus les enfants dans leur programmation.

Quoique le travail récent réalisé par les médias autour du concept pour et par les enfants ou du thème "enfant " soit considérable, il manque encore une conscience du droit qu'ont les enfants dans les médias et du devoir de consacrer un espace à l'exercice de ce droit. Pour donner le change d'une programmation variée, beaucoup d'espaces consacrés aux enfants paraissent plutôt cosmétiques,.

" Dans cette réalité d'esclavage et de restavèk (domesticité), ce qui est fait dans les médias paraît insuffisant et insignifiant. Certaines stations de télévision consacrent tellement d'espaces aux loisirs pour les enfants qu'ils en arrivent à évacuer la partie droits de l'Enfant. Il n'y a pas de débats entre les enfants sur les droits de l'Enfant, ni entre les enfants et la société sur les réalités politiques, l'environnement," dénonce Joseph Georges.

Les médias restent un créneau idéal pour garantir les droits des enfants, selon Raoul Denis Jr de l'émission Ribambelle à la station de télévision privée TELEMAX. Jugeant largement insuffisantes des initiatives comme Ribambelle, Le Petit Nouvelliste, Ti Jounal Mwen (*6) , Raoul Denis Jr considère que les médias haïtiens n'ont pas réellement la vocation d'inciter les enfants à savoir comment vivre avec leur environnement, à promouvoir l'éducation civique.

" Dans une large mesure, les médias audiovisuels ne pratiquent pas l'autocensure. Ils diffusent n'importe quel film à toute heure sans avertissement. Les enfants assimilent la violence et la reproduisent ensuite sur leurs amis. Le pays doit d'abord trouver sa stabilité politique et économique, avoir un parlement efficace pour une législation adequate en faveur des droits fondamentaux relatifs à l'éducation, aux loisirs, à la nourriture, à la santé," souhaite l'animateur de l'émission Ribambelle.

Les dessins animés qui ne correspondent pas à la vision globale de la station sont censurés à Ribambelle qui se réfère aux plaintes continuelles de directeurs d'écoles et d'instituteurs, selon lesquelles certaines images projetées à la télévision sont de nature à influencer négativement les enfants.

L'indice d'écoute de Ribambelle (environ 2,000 téléspectateurs) laisse croire qu'elle serait largement suivie par la population port-au-princienne, selon Raoul Denis Jr qui se félicite des efforts entrepris par Télémax pour ne pas diffuser des images nocives pour les enfants.

Richard Widmaier déclare que Radio Métropole a jugé bon d'aménager un espace au profit des enfants qui, selon lui, ont aussi beaucoup à dire et à faire connaître leurs droits fondamentaux aux grandes personnes.

" Les enfants qui animent l'émission manifestent beaucoup d'intérêt face à la Convention sur les droits de l'Enfant en me posant souvent des questions pertinentes là-dessus. Pour leur pleine et entière satisfaction, je leur préconise d'en extraire un article et d'en débattre à chaque émission. Et les autres enfants composant l'auditoire y apportent leur ferme soutien," dit Widmaier.

Le directeur de Radio Métropole, qui compte élargir le cadre de l'émission en y intégrant d'autres volets spécifiques comme le sport et le théâtre, affirme collaborer indirectement avec l'UNICEF qui envoie régulièrement à la station des brochures et des documents relatifs aux droits de l'enfant. Les commanditaires du secteur privé, qui supportent financièrement l'émission, sont jusque-là satisfaits, car la promotion de leurs produits est faite sans difficultés, confie Richard Widmaier.

La station Radio Lumière de la Mission Evangélique Baptiste du Sud d'Haiti (MEBSH) dispose aussi d'un espace ouvert aux enfants, dénommé Gaieté Enfantine, en ondes tous les samedis à partir de 9:00 am. A cette émission, qui se veut éducative et distrayante, l'accent est mis non seulement sur les articles de la Convention relative aux Droits de l'Enfant, mais aussi sur la Bible qui est l'arme par excellence des chrétiens, selon Mesdames Robenson Joseph et Sylvie Mérisier, co-animatrices de Gaieté Enfantine.

Emission pour enfants la plus ancienne du pays et écoutée un peu partout sur le territoire haïtien par un auditoire composé d'adultes et d'enfants, Gaieté Enfantine aurait contribué à former beaucoup de vedettes et de professionnels. Elle est divisée en deux tranches : une première réalisée et animée par des enfants, une deuxième conduite par les co-animatrices.

Des participants à l'émission Gaité Enfantine déclarent y puiser des éléments de raffermissement de leur foi pouir avoir une attitude morale fondée sur le respect de la parole de Dieu. C'est le cas de Jean-Tho Gérilus, 17 ans, originaire de Fond Parisien (à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Port-au-Prince) et maestro du Choeur d'enfants dénommé Les Enfants de Dieu.

Radio Timoun et Télé Timoun, stations fondées par l'ex-président d'Haiti Jean Bertrand Aristide, essaient de promouvoir, sur une grande échelle, la participation d'enfants à leurs émissions, y compris aux programmes d'informations. Ces deux médias sont les seuls en Haiti exclusivement consacrés aux enfants qui animent et préparent diverses émissions.

Radio Timoun, qui a commencé en 1996 avec les enfants des rues de Lafanmi Selavi, une oeuvre patronnée par Aristide, émet 14 heures par jour. Télé Timoun, qui a été inaugurée en 1999, émet suivant un horaire journalier presque similaire, alternant variétés et documentaires, y compris des programmes d'information présentés et alimentés par des enfants reporters (filles et garçons), dont quelques-uns / quelques-unes sont correspondants / correspondantes de province.

Radio Timoun et Télé Timoun représenteraient une opportunité capitale pour les enfants des rues, les enfants domestiques désireux de faire entendre leurs voix dans la société et d'accéder a une promotion sociale, observe une ancienne animatrice à Radio Timoun, âgée de 11 ans en l'an 2000.

Dans le cadre de cette recherche documentaire, malgré la confirmation de plusieurs rendez-vous avec des responsables de Radio Timoun et de Télé Timoun, l'Institut Panos n'a pas pu obtenir de données précises directement de ces deux stations.

Pour leur part, les stations de radios communautaires disposent elles aussi de programmes pour les enfants qui se révèlent, dans bien des cas, les plus écoutés dans la grille de leur programmation. Il y a des périodes au cours de l'année, comme celle dédiée à la fête des mères à la fin du mois de mai, où elles pratiquent une communication interactive entre enfants et parents.

Dans certaines localités, ce sont les enfants qui préparent des textes à diffuser sur les radios communautaires pour souhaiter bonne fête à leurs mamans. Dans d'autres, les stations de radios communautaires diffusent d'anciennes chansons qui seraient oubliées, s'il n'existait pas de programmes pour enfants.

Pascale Pierre de Radyo Vwa Peyizan Sid, une station sise à Pliché non loin de Cavaillon dans le Sud d'Haiti, explique combien le PWOGRAM TIMOUN de VPS s'adapte, depuis 1995, aux critiques et suggestions faites par l'auditoire.

"Les enfants de la région pressent continuellement leurs parents d'acheter des batteries de rechange, de manière à pouvoir suivre l'émission tous les dimanches. L'appréciation est telle que même les enfants de l'île de la Gonave préparent souvent sur cassettes des capsules sur leurs réalités qu'ils envoient à la station. De telles émissions sont nécessaires pour permettre aux enfants de se connaître."

Partant du slogan Une autre Communication pour Une Autre Société, la station communautaire Radyo Vwa Klodi Mizo (RVCM) des Cayes entend prioriser les prescriptions de la convention relative aux droits de l'Enfant dans le cadre d'une émission spécifique intitulée KACH KACH LIBEN, du nom autochtone d'un jeu d'enfants très prisé en Haiti(*7).

Tous les enfants, quelle que soit leur appartenance sociale ou religieuse, ont accès à cet espace pour pouvoir se divertir et s'exprimer. En assumant leurs responsabilités et en participant à la vie sociale du pays, les médias porteront les enfants à devenir autonomes, selon Pierre Renel Moise, animateur de KACH KACH LIBEN qui entend expliquer aux enfants l'esprit et le contenu d'une législation destinée à les protéger.

ESPWA DEMEN (ESPOIR DE DEMAIN) est le titre de l'émission consacrée aux enfants par la station communautaire dénommée Zèb Ginen (Herbe Guinée) sur les hauteurs de Puilboreau, au nord d'Haiti. Ayant pris naissance à partir du postulat Les enfants d'aujourd'hui seront les grandes personnes de demain, l'émission cherche à éliminer tous scrupules qui tendraient à paralyser la participation des enfants.

Lequilson Charles de Zèb Ginen révèle que ESPWA DEMEN, diffusée le dimanche, contient une partie théorique consacrée à la pédagogie (aux modes appropriés de travail avec les enfants) et une partie pratique pendant laquelle les enfants s'expriment sur les réalités vécues. Le seul problème rencontré jusqu'à présent se situe au niveau de certains parents qui n'apprécient guère l'évocation de principes relatifs aux droits de l'enfant, tandis que d'autres parents sont confrontés à des difficultés économiques pour pouvoir se procurer un appareil de radio.

À l'émission TIMOUN SE MOUN (Les Enfants sont des Humains) de la station communautaire Radyo Lakay de Saint-Louis du Sud, l'accent est mis sur l'évolution de l'enfant, dès sa conception dans la matrice de la mère en passant par les différentes étapes de son épanouissement, dans le but de former une femme ou un homme véritable pour demain. Radyo Lakay essaie aussi d'inviter à la réflexion sur le type d'encadrement à apporter aux enfants qui participent au programme en fonction des thèmes retenus, précise Osny Agénor de Radyo Lakay.

"Comme pour d'autres stations communautaires du pays, l'implantation de cette émission pour enfants répondait à un objectif éducatif, d'autant que de nombreux enfants n'ont pas la possibilité de fréquenter une école à Saint-Louis du Sud. Les sujets à traiter dans l'émission sont puisés principalement de la convention relative aux droits de l'Enfant. L'impact de la diffusion de ce programme sur la situation des enfants en domesticité serait un début de changement à Saint-Louis du Sud. Les enfants en domesticité de cette ville seraient "moins discriminés en l'an 2000 par rapport aux autres enfants des familles chez lesquelles ils logent."

Le danger, au cas où ces programmes pour enfants n'existeraient pas, concernerait la non disponibilité de personnes ou d'artistes ayant la vocation de produire autour de thèmes d'intérêt pour les enfants, signale Joseph Georges de SAKS.

Historique de l'intégration des enfants dans les médias

Différentes stations de radio, dont Radio Lumière, avaient, dans les années 1970, des émissions de détente enfantine, où les enfants venaient conter des blagues, petites histoires, réciter des poèmes, etc. A côté d'autres espaces consacrés au thème ENFANT, Radio Nationale diffusait un programme dominical de contes d'enfants, alors que Radio Haïti Inter passait une émission relative à différents jeux pratiqués par les enfants. À l'époque, le concept de droits de l'enfant n'était pas encore évident.

Monique Clesca raconte combien la participation des enfants dans les médias était quasi inexistante, quand elle a commencé à travailler à l'UNICEF en 1983. "Les gens n'en parlaient pas. On assimilait les enfants à des props, des meubles ou décors. Même le concept de droit des enfants n'était pas réel."

À la suite de la première grande campagne de vaccination des enfants en 1986, une enquête réalisée auprès des mères et pères identifiait les enfants comme la source principale d'information de la plus grande partie des parents en ce qui concerne la vaccination. Aussi, dans le but d'exploiter cette donnée statistique, les enfants seront-ils utilisés comme les agents qui véhiculent les messages de mobilisation durant les prochaines campagnes de vaccination.

D'une part, les enfants disaient "Fè vaksinen m"; d'autre part, ils incitaient leurs parents à aller leur faire vacciner. Les enfants étaient alors utilisés comme stimulants. Non seulement, les enfants véhiculaient les messages escomptés, mais encore ils avaient une part active dans la transmission même de ces messages. On adressait les messages aux enfants en leur disant de réclamer la vaccination pour leur bien-être, on leur disait aussi de transmettre les messages, ce qui signifie qu'on leur donnait une responsabilité. Après la vaccination, les enfants seront encore responsabilisés dans la campagne pour le sérum oral et dans celle relative à l'allaitement maternel.

Une ou deux années plus tard, ajoute Monique Clesca, le concept des droits de l'enfant - qui avait commencé à voir le jour au sein de l'UNICEF – est venu renforcer tous les messages autour du droit des enfants de s'exprimer et du devoir des parents de les écouter. Par la suite, pour véhiculer le message que les enfants avaient des droits, on a décidé d'avoir la voix des enfants. C'était un enfant qui disait Timoun se Moun.

Considérer l'enfant comme une intégralité reste encore aujourd'hui peu évident dans la société haïtienne. Evoquant des cas flagrants de dévalorisation de l'enfant, la directrice de MC Conseils rapporte combien il s'est révélé difficile de retrouver des images d'enfants seuls, pour réaliser un calendrier sur les enfants à travers l'histoire , parce que " l'enfant était toujours avec ses parents, l'enfant était toujours dans un autre univers."

Historiquement en Haïti, deux situations ont été envisagées pour donner la parole aux enfants :

à l'occasion du jour national de l'Enfant le deuxième dimanche de juin de chaque année;
à l'occasion de la journée internationale des radios et des télévisions pour enfants, célébrée le deuxième dimanche de décembre tous les ans.
La toile de fond de ces journées, rappelle Monique Clesca, résidait dans le fait qu'il fallait laisser l'espace aux enfants, susciter le retrait de l'animateur / l'animatrice au profit des enfants qui deviendraient les animateurs / animatrices.

"Radio Superstar a été l'un des médias à intégrer entièrement l'approche suggérée : les enfants ont fait les spots et ils et elles animaient aussi. Radio Métropole a joué un rôle aussi : elle a trouvé des chansons où les enfants chantaient et où on mettait en évidence les chansons. Depuis, ce qui est intéressant, c'est l'émission de Radio Métropole que des enfants animent carrément."

De l'avis de Monique Clesca, l'objectif poursuivi était d'aboutir à un format de participation active des enfants, qui occupaient des postes de responsabilité, qui étaient responsables de la programmation de leur émission, qui étaient responsables également des fautes commises, qui géraient leur émission, qui traitaient des thèmes qui les intéressaient, qui parlaient un langage d'enfants.

Rôle de l´Etat

Se plaignant sans cesse de la teneur de différentes émissions (musicales et autres), très tendancieuses et très négatives pour les enfants, plusieurs parents appellent à l'intervention de l'État pour prévenir une prédisposition à la dégradation des moeurs et du savoir vivre. Certaines stations de télévision (un médium intime qui ne doit pas montrer n'importe quoi) n'hésitaient pas et n'hésitent pas encore à diffuser, sans avertissement préalable, des images dures et de violence (spots agressifs, vidéo-clips, films, bêtises et vulgarités sonores) et même des images pornographiques qui viennent carrément blesser la pudeur et violer les droits de l'enfant.

"Que fait l'État haïtien, dont le Conseil National des Télécommunications (CONATEL), en fonction des normes de la Convention relative aux droits de l'Enfant qui vient pratiquement à côté de la Constitution nationale, laquelle est très claire sur le respect des droits de la personne humaine? Est-ce que l'Etat a la volonté, la capacité de réguler, de superviser, de jouer le rôle de censeur?," s'interroge Monique Clesca.

Depuis la ratification de la Convention relative aux Droits de l'Enfant par le Parlement haïtien en 1994, l'UNICEF a intégré dans ses activités une grande partie consacrée à la participation des enfants dans les médias, à l'information sur les enfants en Haïti. Il est prévu de travailler en partenariat avec certains médias de la capitale, soit qui ont déjà des émissions autour de ce volet, soit qui devront être incités sur la question, signale Béthie Casty.

"Peut-être les enfants peuvent-ils s'adresser mieux à l'État que nous," suggère Joseph Georges qui rapporte des réflexions d'enfant face à l'autoritarisme de leurs parents qui tentent de justifier les châtiments infligés par les contrariétés qu'ils auraient éprouvées face aux activités intenses d'animation menées à tue-tête dans la maison par les enfants.

"Pourquoi, en tant que parents, vous n'utilizez pas le temps pris pour nous fouetter pour entrer en dialogue avec nous ?"

D'où justement le rôle et la responsabilité de l'État en matière d'éducation, pour que les enfants vivent comme enfants, pour qu'ils et elles aient droit au respect, pour qu'ils et elles aient les mêmes droits que toutes les autres personnes, selon Radyo Lakay de Saint-Louis du Sud.

"Priorité doit être accordée à l'éducation. Tout manquement à une préparation de base des enfants aura pour conséquences demain de former de petits bandits qui se donneront dans la drogue, la corruption, contribuant à empirer les relations sociales inégalitaires observées aujourd'hui. Non seulement, les grandes personnes actuelles paieront les conséquences, mais le pays s'effondrera," prévient Osny Agénor.


Radyo Zèb Ginen parle également de la nécessité de l'implantation d'un programme d'éducation familiale appropriée pour les parents qui auront à tempérer leurs ardeurs de violence, sachant pertinemment qu'ils risquent d'être dénoncés par leurs enfants à la radio.

"Quand les enfants sont abandonnés sur le pavé sans une base d'éducation adéquate, ils viendront augmenter le nombre de migrants dans les villes (le phénomène de l'exode rural), ce qui aura des incidences sur le niveau de banditisme et d'alphabétisation à gérer par l'Etat," fait ressortir Lequilson Charles de Zèb Ginen.

Par rapport à l'état actuel du pays et pour un changement véritable, il faudrait une démarche d'éducation et de sensibilisation pour freiner le cycle d'augmentation des enfants de rues, de perpétuation des enfants restavèk, de déperdition scolaire.

Eléments fondamentaux de la Convention relative aux Droits de l'Enfant

Adoptée le 20 novembre 1989 par l'Assemblée Générale des Nations-Unies, la Convention relative aux Droits de l'enfant est entrée en vigueur le 2 septembre 1990. Quoique récente, cette convention est historiquement la convention de droits humains la plus largement et la plus rapidement adoptée. Sur sa lancée, elle est en train de devenir la premiere loi universelle de l'humanité. Haiti a signé la Convention le 26 janvier 1990 et l'a ratifiée le 23 décembre 1994.

La Convention relative aux Droits de l'Enfant est basée sur les principes fondamentaux que (1) les décisions des autorités doivent etre prises dans le meilleur intéret de l'enfant, (2) en définissant ce qui est dans le meilleur intéret de l'enfant, l'opinion de l'enfant est importante, (3) tout enfant a droit au développement, pas seulement a la survie, et (4) tous les droits doivent etre appliqués a tous les enfants sans discrimination.

La Convention stipule que les États parties s'engagent à faire véhiculer les différentes informations concernant les droits de l'enfant et à sensibiliser le public autour de ces droits.

Relative à la participation des enfants dans les médias, la Convention cite, dans ses articles 12 et 13:

  • Le droit de l'enfant d'exprimer librement son opinion sur toute question l'intéressant et de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toutes espèces;
  • La possibilité pour tout enfant d'être entendu dans toute procédure judiciaire ou administrative l'intéressant.

L'article 17 précise: "Les États parties reconnaissent l'importance de la fontion remplie par les médias et veillent à ce que l'enfant ait accès à une information et à des matériels provenant de sources nationales et internationales diverses, notamment ceux qui visent à promouvoir son bien-être social, spirituel et moral ainsi que sa santé physique et mentale. A cette fin, les États parties:

  • Encouragent les médias à diffuser une information et des matériels qui présentent une utilité sociale et culturelle pour l'enfant, et qui répondent à l'esprit de l'article 29;
  • Encouragent la coopération internationale en vue de produire, d'échanger et de diffuser une information et des matériels de ce type provenant de différentes sources culturelles, nationales et internationales;
  • Encouragent la production et la diffusion de livres pour enfants;
  • Encouragent les médias à tenir particulièrement compte des besoins linguistiques des enfants autochtones ou appartenant à un groupe minoritaire;
  • Favorisent l'élaboration de principes directeurs appropriés destinés à protéger l'enfant contre l'information et les matériels qui nuisent à son bien-être, compte tenu des dispositions des articles 13 et 18."

Articulation avec institutions et organisations

Joseph Georges de SAKS suggère d'aboutir à une vision qui porterait les ONG et institutions internationales, oeuvrant dans le champ éducatif, à réaliser des productions qu'elles proposeraient aux médias. Les réalités nationales d'Haïti impliquent une appropriation plus pertinente de l'outil de communication représenté par les médias pour faire passer des messages éducatifs de sensibilisation et de motivation des enfants et grandes personnes.

Plusieurs médias ont déjà établi des modes de partenariat avec les organisations oeuvrant dans le cadre de la problématique ENFANT. Mais, le thème n'est pas traité en profondeur et la participation des enfants est très limitée, fait ressortir Save The Children.

Enfants journalistes de Trou-du-Nord et Fort Liberté, Dept. Nord-Est

En mars 2000, Plan Haiti, Radio Nederland Training Centre, une organisation de formation radiophonique basée en Costa Rica et l'Institut Panos ont lançé un projet médiatique visant à donner la parole aux enfants, à favoriser l'expression de leurs opinions et la promotion de leurs droits par une participation active dans les médias. Le projet insiste sur la diffusion d'informations produites par les enfants reporters.

Deux groupes de 15 enfants originaires de Fort Liberté et de Trou-du-Nord, deux villes du Nord-Est d'Haïti, ont été intégrés au projet.

" Il s'agit d'une approche collective visant à sensibiliser sur l'importance des médias et la participation des enfants. La production radiophonique mensuelle (par des enfants) de deux magazines aide les enfants à développer leurs potentialités, à être autonomes, à prendre part aux débats nationaux, à découvrir leur environnement, à être critiques, à s'intégrer dans le processus de démocratisation pour devenir des hommes et des femmes responsables", a indiqué Stéphanie Conrad de Plan Haiti qui souhaite élargir le cadre de cette initiative en touchant les enfants d'autres zones couvertes par son institution.

L'initiative fait partie d'un programme plus large de Plan, relatif aux enfants et aux médias, dans lequel participent des enfants de El Salvador, Haiti, Honduras et Nicaragua.

Un site web (www.panosinst.org/radio) fournit un forum pour l'échange international d'idées, experiences, commentaires, productions médiatiques et d'autres informations entre des enfants reporters et groupes intéressés. Le site est aussi un outil pour une large diffusion des productions médiatiques des enfants reporters en anglais, créole, espagnol et français.

Plan Haiti, qui vient de mettre sur pied un programme radio au profit des enfants et géré par des enfants, pense que de telles initiatives sont susceptibles d'aider dans les démarches visant à faire respecter les droits des enfants. L'État doit integrer les enfants dans le processus de developpement communautaire, selon cette organisation.

Perspectives

Roody Thélémaque, une travailleuse sociale évoluant en Haiti, évoque la nécessité de parvenir à des programmes équilibrés. La réalité socio-économique du pays ne permet pas à toutes les catégories d'enfants d'avoir accès aux différents programmes qui leur sont destinés, parce que beaucoup ne peuvent pas se munir d'un poste de radio ni d'un téléviseur, d'un journal, d'un ordinateur, souligne-t-elle.

Pendant que les normes démocratiques préconisent une nouvelle approche de rapports entre les individus, qui considère l'enfant comme un être humain à part entière, ayant des droits, une personnalité et suscitant le respect dans sa dignité d'être, l'intégration de l'expression des enfants n'est pas encore prise en compte dans les programmes d'information des médias en Haïti.

"Tôt ou tard, ce nouveau discours porteur de changement social se retrouvera dans les médias! Les enfants d'aujourd'hui, les adultes de demain," prédit Béthie Casty de l'UNICEF-Haïti.

Des spécialistes interrogés dans le cadre de cette recherche documentaire plaident pour une politique de communication qui commencerait par valoriser les enfants dans le cadre d'un partenariat pour la disponibilité de plus d'espaces réservés aux enfants.

Droit à la communication, médias spécialisés, choix stratégique de programmation par les médias, type de discours et accompagnement spécifique, quelle vision démocratique et pour quelle société: beaucoup de themes relatifs à l'expression et à la participation des enfants dans les médias en Haiti
restent ouverts dans une perspective de développement durable.

Suivant la suggestion faite par Pascale Pierre de Radyo Vwa Peyizan Sid, établir une société fondée sur le respect des droits humains (y compris des droits humains des enfants) suppose une autre vision démocratique, à implémenter dès le plus jeune âge chez l'enfant qui représente l'avenir, une révision du curriculum en éducation qui accorde de l'importance aux sorties éducatives, sans oublier une responsabilisation des parents.

Comme sur la question d'actes de naissance à délivrer à tout enfant, une telle approche deviendrait fondamentale si les médias prennent le soin de chercher à savoir le point de vue des enfants, chaque fois que la société est en butte à des difficultés. S'ils ne sont pas encore prêts à intégrer cette approche, les médias pourront tout de même entamer des campagnes de motivation pour dénoncer les comportements repréhensibles de parents au sein des foyers et pousser l'État à endosser ses responsabilités, aux yeux de divers spécialistes.

"Que la participation s'accroisse ! Il faut que le ministère de l'Éducation Nationale puisse adapter une pédagogie de l'an 2000 pour enrayer le conflit droit d'expression / interdiction d'expression. Certains enfants intelligents paraissent rebelles, parce qu'on ne leur donne pas la chance de s'exprimer," signale Monique Clesca.

Les responsables des médias en Haiti seraient ouverts à des idées nouvelles, moyennant un minimum de rentrées et de financement, selon la directrice de MC Conseils qui, dans une consultation faite justement pour l'UNICEF au début de l'année 2000, recommande de considérer le taux d'écoute chez les enfants.

La question est de savoir est-ce que les grandes personnes vont rompre les chaînes, libérer les enfants, leur faire confiance, pour leur donner l'opportunité d'exercer leur droit à la communication comme loisir, comme outil d'éducation, incluant pour d'autres personnes majeures.

Pour Joseph Georges de SAKS, la réalité du naturel chez l'enfant - la voix habituelle, le rire et le chanter naturels d'enfant dans les programmes destinés aux enfants - ne signifie que de tels programmes doivent etre mal préparés.

Georges préconise d'approprier la radio comme véhicule pour aider à combattre la mentalité autoritaire prévalant en Haïti. Il invite à adopter une stratégie qui, tout d'abord, ferait confiance aux enfants en leur donnant les matériels de communication pour réaliser des interviews, par exemple.

Il n'y a aucun problème pour l'enfant de concevoir, à partir de ses connaissances, des cours sur la communication, écrire de petits textes, réaliser des interviews, dramatiser. Les enfants sont de grands acteurs et les enfants haïtiens ont d'énormes talents et potentialités. On s'étonnera du niveau de leur intelligence, de leurs capacités à articuler des questions avec enchaînement, de leurs convictions sur leurs droits d'enfant, ajoute-t-il.

"Dès lors que d'autres enfants écouteront des personnes de leur tranche d'âge s'exprimer dans les médias, le courant passera bien vite. Mais, attention à ne pas transformer ces programmes en émissions intellectuelles qui feront intervenir des différences intellectuelles entre les enfants."

Quelques institutions de référence

Save the Children Canada
8 Imp. Baron
Ave. Jean Paul II, Turgeau
Port-au-Prince, Haiti
Tel/Fax: (509) 245-2101/0243
Email: aecanada@haitiworld.com
Web site: www.savethechildren.ca

United Nations Children's Fund (UNICEF)
17 rue Armand Holly, Debussy
B.P. 1363
Port-au-Prince, Haiti
Tel: (509) 245-1404/1424
Fax: (509) 245-1877

International Labour Organization (ILO)
Rue Camille Léon No. 11 à l'étage
Port-au-Prince, Haiti
Tel/Fax: (509) 245-1683
Email: BIT@haitiworld.com

Plan Haiti
Impasse Lily No. 3, Rue Stephen
Delmas 60
Port-au-Prince, Haiti
Tel/Fax: (509) 256-1438 / 4229
Email: comhti@planinternational-ht.org

Coalition Haïtienne pour la défense des droits de l'enfant (COHADDE)

23, 3e Avenue du Travail
Port-au-Prince, Haiti
Tel/Fax: (509) 245-5014

Save the Children USA
13 Rue Debussy
Turgeau
Port-au-Prince, Haiti
Tel: (509) 245-5153 / 4606
Fax: (509) 245-0036
Email: haiti@savechildren.org

International Federation of Journalists (IFJ)
266, rue Royale
1210 Bruxelles, Belgique
E-mail: ifj@pophost.eunet.be

Sosyete Animasyon Kominikasyon Sosyal (SAKS)
24, Rue Dalencourt
Port-au-Prince, Haiti
Tel/Fax: (509) 245-6422
Email: saks@saks-ht.org

Institut de Bien-être social et de recherche (IBESR)
Ave. des Marguerites No. 14, Bois Verna
Port-au-Prince, Haiti
Tel: (509) 245-2602 / 2601 / 6485 / 2633

Village d'Enfants SOS d'Haiti
Petite Place Cazeau, Entrée Dumez
Santo 19, No. 966 B-B
Croix-des-Bouquets, Haiti
Tel: (509) 246-0280 / 3279
Fax: (509) 238-1134 / 3177

Notes

  1. Ronald Colbert et Carril Desrosiers sont des journalistes indépendants, vivant en Haïti.
  2. L'Institut Panos de Washington, DC et Port-au-Prince est une organisation internationale oeuvrant en faveur du renforcer la société civile dans les pays où il travaille en aidant les journalistes à reporter sur des thèmes de développement durable mal-compris et bénéficiant d'une faible couverture médiatique, en particulier ceux dont l'impact transcende les frontières nationales.
  3. Yenyen est une expression créolophone utilisée en Haïti pour qualifier certains types de comportements pleurnichards de personnes qui se plaignent constamment ou de situations approximatives, de réalités communicationnelles très artificielles dans le cadre de la préoccupation de la recherche documentaire de l'Institut Panos.
  4. Le pourcentage de 47 % (population estimée d'enfants) a été tiré par Panos de données démographiques sur la « Population de 18 ans et Plus, Ménages et Densité Estimés en 1999, Juin 1999 », publié par la Division d'Analyse et de Recherche Démographiques (DARD) de l'Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI).
  5. Population par grands groupes d'âges, estimée en 1999

    Tranche d'âge

    Population

    0-4 ans

    1,037,850

    5-14 ans

    2,071,875

    15-17 ans

    495,865

    18-64 ans

    3,898,464

    65 ans +

    299,178

    Total

    7,803,232

    Sources : IHSI et Panos

  6. Il s'agit d'une conclusion d'une conférence internationale prononcée sous les auspices de l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture (UNESCO), déroulée en 1990 à Jomtien, Thailande.
  7. * Ribambelle = espace récréatif pour enfants diffusé tous les jours par la chaine privée par ondes hertziennes TELEMAX;
    * Le P'tit Nouvelliste, revue hebdomadaire pour enfants diffusée à l'intérieur du principal quotidien d'Haiti en l'an 2000 "LE NOUVELLISTE";
    * Ti Jounal Mwen: ancienne publication hebdomadaire qui était diffusée à l'intérieur du Nouvelliste.
  8. KACHKACH LIBEN est un jeu traditionnel réalisé en Haïti à l'intérieur d'un groupe d'enfants. La procédure consiste, parmi ces enfants, à choisir un d'entre eux qui va se cacher en attendant que le reste du groupe conserve précieusement une petite pierre. L'enfant qui s'était caché doit retrouver la petite pierre. Si cet enfant tombe sur celui ou celle qui détenait serrée la petite pierre, ce sera cet enfant découvert qui ira se cacher pour reprendre le même jeu. Au cas où le premier enfant , qui s'était caché, ne retrouve pas l'enfant qui détient la petite pierre, il devra retourner se cacher à nouveau. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que le groupe décide de mettre fin à ce jeu d'enfants.

Media Briefing Index