About this featured photo Link to Home Page Site Map . Contact . Help . Home  
  Regional Programmes . Productions . Resources . About Us
 
 

Productions: Island Beat

Panoscope . Media Briefings . Island Beat . Our Own Voice . Le P'tit Nouvelliste
Order Publications

Les articles d'Island Beat

Haïti: Une Coopérative d'enseignants, pourquoi faire ?
April 2000

Par: Jean-François Saint-Félix, Port-au-Prince
English
français
español
kreyol

Depuis Rochdale (en Angleterre) les coopérateurs n'ont pas cessé d'expérimenter les bienfaits du mouvement coopératif. Le phénomène est devenu contagieux si l'on peut parler ainsi et des secteurs les plus variés de la société haïtienne croient y trouver une planche de salut.

C'est également une raison supplémentaire pour plus d'un de développer de nouveaux liens de solidarité aux fins de faire face aux difficultés qu'ils ne peuvent affronter qu'en étant soudés les uns avec les autres.

Forts de cette idée, les enseignants(es) de la ville des Cayes située a 203 km au sud de la capitale ont pris l' initiative de monter une coopérative dénommée CEC (Coopérative des enseignants des Cayes).

En effet, depuis le 03 octobre 1995, cette coopérative composée essentiellement de professeurs de la ville des Cayes et des localités avoisinantes comptaient dans ses rangs 101 sociétaires qui jurent leur foi dans l'idéal des coopérateurs ainsi formulée "Un pour tous et tous pour un."

Prenant de plus en plus d'ampleur et s'imposant progressivement dans le milieu enseignant, la CEC est en passe de devenir un instrument économique d'une grande importance. Remontant a l'origine du mouvement, Monsieur Louis Pierre Janvier, membre-fondateur de la CEC avoue que : "La coopérative est née à un moment où il fallait combler un vide organisationnel chez les enseignants eux-mêmes. L'idée était de canaliser toutes ces énergies vers quelque chose qui serait utile à la communauté. "

Oui, cette "quelque chose d'utile" on l'a eu effectivement car avec maintenant ses 622 sociétaires y compris certaines institutions, un capital social chiffré à 524.500 gourdes et une épargne de l'ordre de 6.305.890 gourdes, la CEC répond chaque mois à une demande sans cesse croissante de prêts de la part de ses sociétaires. Dôté d'un mécanisme souple et qui permet l'accès au crédit, environ 40 demandes sont agrées chaque mois. Le paiement s'échelonne sur une période de neuf mois avec un intérêt de 15% l'an, le ristourne étant garanti.

"Les professeurs n'ont plus à etre la risée des usuriers pour des raisons de maladie, de décès et de loyer, il y a le sens de l'épargne qui est sérieusement encouragé chez eux. Et la possibilité qui s'offre à eux maintenant d'avoir accès à des prêts leur permet d'envisager des projets de construction et d'achat de terrain par exemple..." indique Parnel Beauvoir, principal promoteur de la CEC.

Même s'il reconnaît plus loin que des problêmes de fonds empêchent assez souvent à la societé de satisfaire des demandes en attente, nécessitant des sommes plus importantes. Toutefois, le leitmotiv reste et demeure : "Beaucoup plus d'argent, pour beaucoup plus de gens."

Point n'est besoin de dire que les professeurs qui se recrutent dans la catégorie des gagne-petits et qui sont traités en parent pauvre sont frappés de plein fouet par ce marasme économique dans lequel s'enlise le pays.

Et, la CEC se veut une réponse à une telle attente pour le moins légitime. Monsieur Frito Charles privilégie quant à lui l'aspect d'entraide. Il estime que ce n'est pas le côté économique, le profit qui est le plus important. Les maîtres-mots sont de préférence l'entraide, la solidarité, la vie associative modelée sur le "combitisme" cher à nos paysans. C'est également l'importance accordée à l'humain qui, d'après lui explique tout cet essor pris par la coopérative.

Pour Samedi Jean-Elie, c'est à travers la coopérative qu'il retrouve son statut d'enseignant ou de professionnel tout court. L'aval qui lui a toujours été refusé à la banque est maintenant possible à la coopérative avec un taux d'intérêt moindre.

La CEC reçoit par ailleurs un appui technique du BIT (Bureau international du Travail) et fonctionne à partir de ses fonds propres . Une demande d'assistance au PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) a été refusée en 1996 . Notons également qu'un village pour enseignants et l'édification d'un complexe commercial restent parmi les deux grands projets majeurs auxquels s'accrochent les coopérateurs.

[650 mots]

Les articles d'Island Beat